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LES QUATRE CLÉS DE BOURGOGNE
«Le Bourguignon tape un peu fort ce matin»! disait jadis le vigneron en tombant de la hotte. Le soleil d'été ressemble beaucoup aux toits illuminés des Hospices de Beaune. Aujourd'hui encore aux Pays Bas, cinq siècles après les Grands Ducs d'Occident, on dit d'un bon vivant, de quelqu'un qui sait vivre: «Toi, tu es un vrai Bourguignon!»
Comment devenir un vrai Bourguignon ? Comment découvrir et partager l'art, le plaisir de vivre? Le mieux est de venir en Bourgogne. Rien de plus facile. Mais attention, la Bourgogne a le caractère de l'escargot. Au touriste pressé qui la bouscule, qui ne prend ni le temps de s'arrêter ni même celui de respirer, la Bourgogne ne montre rien. Elle s'encoquille. Si on sait la prendre l'aimer, la Bourgogne ouvre tout grand son coeur.
Vézelay n'est pas le Mont Saint Michel. Même le quinze août on y trouve toujours un coin d'ombre et de paix, sous un chapiteau ou devant l'horizon. Une descente de cave ? On ne déguste pas ici au pas de charge, au son du canon, avec un carton de trois bouteilles à la sortie. On hume, on tâte, on discute. On va du 82 au 76, en faisant un détour par le 78.
Inutile de se perdre dans les livres. Vous rencontrerez toujours une Bourguignonne capable de vous expliquer la recette des gougères ou des neufs en meurette. Toujours un Bourguignon pour vous expliquer comment le Téméraire s'est bêtement fait manger par les loups. C'est le verre en main qu'on apprend à distinguer un Latricières Chambertin et un Mazoyères Chambertin. Et c'est bien le diable si vous ne tombez pas un jour ou l'autre, entre Alésia et le Beuvray, sur La Gazette, le fameux Pape des Escargots, le personnage d'Henri Vincenot... |